Compositeur

György Kurtág
1926 -

Héritier à la fois de Bartók et Webern, György Kurtág doit à Pierre Boulez une bonne part de la reconnaissance tardive dont il bénéficie depuis le début des années 1980. Envoyées à cette époque au comité de lecture de l’ensemble Intercontemporain, les Messages de feu Demoiselle Troussova étonnent le compositeur français par leur qualité et le métier d’un compositeur dont on ignorait tout en Occident. Il faut dire que, même de l’autre côté Rideau de fer, Kurtág avait su rester discret, se consacrant pleinement à son poste d’enseignement à l’Académie de musique de Budapest, là même où il fut formé au sortir de la Seconde Guerre mondiale par Sandor Veress, Ferenc Farkass ou Leo Weiner. Il y eut déjà cependant une période française au milieu des années 1950, permettant à Kurtág de se familiariser avec la modernité musicale d’alors et de suivre les cours de Milhaud et Messiaen. Trouvant dans la petite forme ou l’aphorisme issus de Webern son terrain d’élection, Kurtág compose peu, mais des œuvres denses, ramassées, rendant fréquemment hommage à toute l’histoire de la musique, de la Renaissance à Bartók. Outre Les Dits de Peter Bornemisza, les Messages de feu Demoiselle Troussova


Ou les Chants sur des poèmes de Janos Pilinszky faisant tous appel à la voix humaine, il faut absolument retenir dans son œuvre l’imposant massif des Jatekok (« Jeux » en hongrois), un recueil pédagogique pour piano qui prolonge les leçons du Mikrokosmos  de Bartók, l’exception orchestrale que constitue Stele (commandée par Claudio Abbado pour l’orchestre de Berlin), et pour quatuor à cordes les Microludes opus 13. Vivant actuellement dans le sud de la France, il travaille depuis des années sur un opéra inspiré par Fin de partie de Beckett, et dont la création a été maintes fois repoussée.